Retrouver sa demeure…

Retrouver sa demeure…

Une conférence, un soir. L’univers bascule dans des verres aux couleurs délicates qui se remplissent d’une eau pure jaillie d’une main magique orchestrant une symphonie d’arc-en ciel. « Les fleurs sont multiples mais l’eau est une ». C’est l’image qu’utilise parfois un grand Saint soufi vivant pour illustrer l’Unicité de Dieu dans la multiplicité du monde, nous dit le conférencier, ou plutôt la voix qui supporte les mots. Il n’y a plus de conférencier, juste une mélopée qui pénètre le cœur, des images, des éclats de lumière, des senteurs venues on ne sait d’où. Mon Dieu, que se passe-t-il? J’ai été baptisée chrétienne, je ne connais rien de l’Islam que les images négatives qu’on en rapporte, je n’ai jamais fait confiance à l’idée d’un Maître spirituel. Une voie spirituelle? Oui, j’aimerais bien, ça fait si longtemps que je cherche, mais il y a eu tant de chagrins, de déceptions, je me suis résignée à cheminer seule. Et voilà que soudain tout éclate, hier, demain, les peurs, la méfiance: c’est eux, ce sont ces gens, ce guide, ce chemin que j’espérais. C’est la religion pure, authentique, comme mon cœur y croyait. Ô Mon Dieu, j’ai retrouvé ma maison et au sein d’elle, un père qui m’y attend patiemment depuis toujours, le cœur rayonnant d’Amour. Dans le cœur du Maître vivant « La sagesse ne s’apprend pas dans les livres. » « C’est par le cœur que l’on connaît ». Ainsi parle Sidi Hamza à propos du cheminement spirituel dans la perspective soufie. Est-ce qu’elle a appris quelque chose? Est-ce qu’elle connaît plus? Elle ne sait pas. Tout change tellement, si vite! Elle croyait avoir compris quelque chose hier, aujourd’hui elle le ressent différemment. Tout ce qu’elle sait avec certitude est le travail que Sidi Hamza a fait dans son cœur, ce qu’il a guéri, transformé, ce qu’il peut faire pour la délivrer des obstacles qui l’empêchent de s’épanouir dans la Présence divine. Et cela, par sa seule présence à lui, le Maître vivant. Oui, elle a au moins appris, et c’est immense, qu’au lieu d’essayer de se débattre elle-même contre son ego, ses défauts, ses faiblesses, avec l’illusion que les changements peuvent venir de ses efforts, c’est au contraire en lâchant prise, en s’abandonnant totalement que la guérison peut survenir. « Faites votre dhikr, pensez à moi et laissez-moi m’occuper de votre cœur ». Ce ne sont pas de simples paroles rassurantes mais quelque chose qui se vit au quotidien. Une guérison douce, une « chimiothérapie douce » comme l’appelle Sidi Hamza. Guérison psychologique, guérison du cœur, des « maladies de l’âme », guérison des blessures de la vie, des tourments liés aux mille attaches, désirs, d’un ego emprisonné sur lui-même. Jour après jour, à son insu, l’alchimie de la guidance effectue sa transformation au plus profond du cœur, là où bien des heures de thérapie, de méditation, d’efforts en tous genres ont seulement réussi à modifier la surface de la conscience et le comportement extérieur. Elle constate un jour que les tourments causés par le jugement des autres, des événements ont fait place à la reconnaissance de la Perfection divine en toute chose, à l’amour et à la compassion, que les tourments d’hier et d’aujourd’hui, les angoisses de demain se sont dissous dans la paix confiante en Dieu, la certitude de Son Amour et de Sa Miséricorde. La différence est la...

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Aussi loin…

Aussi loin…

Bismi Lah ar-Rahman ar-Rahim. Aussi loin que je remonte dans le passé, la vie au quotidien m’a toujours laissé insatisfait. Même si, en général, la mécanique fonctionnait bien, je cherchais un sens à son fonctionnement. Ce n’était pas toujours une recherche à plein temps, bien sûr, car comme tout le monde, le tourbillon de la vie m’a aussi emmené loin du centre… Mais même alors, une voix me disait : ¨Oui, mais il y a autre-chose!¨ Et le questionnement reprenait de plus belle. J’ai frappé à quelques portes, qui auraient pu ouvrir sur des domaines stériles, équivoques ou dangereux . Nous vivons à une époque où règne la confusion dans tous les domaines,et où le fac-simile et le virtuel sont rois. Heureusement pour moi, je ne me suis pas perdu dans cette multitude d’écoles et de faux-maîtres. À la recherche du sens, j’ai fréquenté des livres un peu comme on fréquente des amis qui nous éclairent ou nous aident à préciser nos idées; je me suis donc nourri de plein de livres sur la spiritualité et sur les voies qui pouvaient conduire à La fameuse rencontre, la seule qui compte vraiment. Parmi les auteurs qui m’ont servi de guides, plusieurs faisaient référence à l’Islam, au soufisme, à l’invocation des Noms divins, à la puissance et aux effets de ces invocations, mais j’ai toujours pensé que tout ceci ne pouvait concerner que des musulmans vivant à l’étranger et donc que j’étais automatiquement disqualifié pour emprunter cette voie de connaissance puisque venant d’un milieu catholique. Chaque fois que je lisais un texte sur l’ésotérisme musulman, je voyais comme un monde s’ouvrir, mais cette ouverture restait toute intellectuelle; je me sentais concerné, mais sans la possibilité de développer quoi que ce soit, et j’étais comme un spectateur devant un spectacle fascinant – touché, ébloui parfois, mais toujours laissé en dehors du jeu lui-même. Ces lectures ont tout de même produit leur effet car elles m’ont donné faim et soif d’en apprendre encore plus, au point de me rendre ces dernières années carrément assoiffé de Lui ; jusqu’au jour où un ami vint me rejoindre au resto avec une revue publiée par une confrérie soufie. Ce fut le déclic. Tu fréquentes une confrérie soufie? Ah oui! Tu participes à des méditations en groupe? Ah oui! Et tout çà à Montréal!!! Il m’invite à l’accompagner un soir à leur lieu de rencontres, où je fais la connaissance d’autres personnes avec lesquelles j’ai pu échanger enfin sur les choses vraiment essentielles. Un véritable bonheur. Les ateliers hebdomadaires portent le beau titre de La Quête du Sens. Et je me souviens avoir dit à l’animateur, lors de notre première rencontre, que je me sentais un peu comme un asphyxié en manque d’oxygène : j’étais en situation d’urgence. Dans ces ateliers, lors des présentations ou au cours des périodes d’invocation, toutes ces questions restées sans réponses ou en suspens durant tant d’années d’errance ont trouvé des éléments de réponse qui m’ont satisfait pleinement. Puis j’ai commencé la pratique, seul à la maison matin et soir, puis après quelque temps avec d’autres personnes; c’est ainsi que j’ai réalisé que même si j’avais cherché toute ma vie, en vérité, c’est Lui qui m’a vraiment cherché, et permis de Le trouver, et cette porte qui m’était ouverte m’offrait enfin la pleine Lumière. Mes lectures...

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