Son initiation

Son initiation

Un jour, un disciple de Sidi Boumedienne aperçut Sidi Hamza en prière dans un mausolée. Touché par sa présence, le disciple partit chez Sidi Boumedienne lui parler de ce jeune homme. Sidi Boumedienne lui répondit: “ Les gens disent que Sidi al-`Abass a un fils qui ressemble à la description que tu en fais (`ala had al-hay’a). Va chez lui et demande-lui s’il est le fils de ce dernier. S’il te dit oui, dis-lui de venir me rencontrer. Le faqir alla retrouver Sidi Hamza et lui posa ladite question; Sidi Hamza répondit par l’affirmative. Le faqir lui annonça alors que Sidi Boumedienne voulait le voir. Sidi Hamza était tout à fait disposé à le rencontrer; il se rendit donc à Taghjirt, chez Sidi Boumedienne, avec le faqir. Il demeura trois jours en compagnie du shaykh. Pendant son séjour, il eut une vision (rû’ya dans laquelle il vit le Prophète – que la paix soit sur Lui – . Il se voyait tenir dans sa main cinq tiges (qûtban) d’argent. Il en choisit une qu’il remit au Prophète – que la paix soit sur Lui – . À son réveil, il raconta la vision à Sidi Boumedienne qui en comprit le sens, sans pour autant le lui révéler. Sidi Hamza prit congé de Sidi Boumedienne, envahi d’une intense ivresse. Quelques jours plus tard, une de ses soeurs trouva la mort. Le rêve venait de se réaliser! » (Récit rapporté in Le renouveau du soufisme au Maroc) Lorsque Sidi Boumedienne apprend la nouvelle, il se rend avec son épouse à Madagh pour les funérailles. Depuis cet événement, les liens entre les deux familles s’intensifient jusqu’au jour où Sidi al-Hadj al-`Abass et Sidi Hamza vont, à un mois d’intervalle, prendre l’enseignement spirituel de chez Sidi Boumedienne: « 1942 est l’année durant laquelle mon père et moi avons pris Sidi Boumedienne comme Maître spirituel. Mon père m’a devancé d’un mois dans la pratique de l’éducation spirituelle. Durant les quatorze années pendant lesquelles nous sommes restés près de notre Maître, nous nous sommes consacrés aux actes de dévotion, principalement à la lecture du Coran et à l’invocation (dhikr). Nous avons ainsi, en compagnie de Sidi Boumedienne, traversé les différentes étapes de la voie spirituelle.  De 1942 à 1955, je suis resté très près de Sidi Boumedienne. Je l’aimais beaucoup, j’étais en admiration devant la majesté de ses faits, de ses gestes, de ses paroles […]. J’ai vécu, en suivant l’enseignement de Sidi Boumedienne, l’état de la ahadiyya (fana’ ou extinction), puis celui de la mûhammadiyya (baqa’ ou subsistance). J’ai aussi goûté à des choses extraordinaires dont je ne peux parler par respect pour la Loi (shari`a). Nous sommes restés, mon père et moi, aux côtés de Sidi Boumedienne jusqu’à ce que Dieu l’ait emporté, c’est-à-dire, jusque vers la fin de l’année 1957. Nous avons persévéré dans la pratique du dhikr. Mon père fut désigné par Sidi Boumedienne, quelques temps avant sa mort, comme le nouveau Maître spirituel de la tariqa al-Qâdiriyya al-Boudchichiyya. Il va alors recommander à ses fûqara (disciples) de prendre le dhikr de « ses mains » (`ala yadih). Mon père, Sidi al-Hadj al-`Abass, n’a vraiment...

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