Une mystique de l’Amour

Une mystique de l’Amour

Le soufi entretient un rapport amoureux avec Dieu et Sa création. C’est un « fidèle de l’Amour » car il sait reconnaître les signes du divin dans le monde. Sa relation à Dieu prend les couleurs d’un dialogue amoureux entre l’amant (l’homme) et le Bien-Aimé (Dieu). Sa relation au monde se transforme qualitativement par l’effet de l’expérience mystique pour ne voir en tout être, toute chose et tout événement que la manifestation du Souffle divin, le visible n’étant plus que le signe de l’invisible. «Tout est beau, seul le cœur non poli du disciple rend les choses laides.» (Sidi Hamza) «L’Amour amincit le voile qui nous sépare de la Réalité divine. On éprouve une joie profonde du fait de cette proximité et on est alors envahi par la perception de la beauté.» (Sidi Hamza) «L’Amour est la monture de l’esprit. C’est à travers lui que l’on connaît toute chose.» (Sidi...

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L’Amour, diadème des œuvres

L’Amour, diadème des œuvres

« L’Amour est le plus élevé des maqâm, c’est le diadème des oeuvres (tâj al-a`mal). » (Sidi Hamza) L’Amour dont parle ici le shaykh est celui lié au Secret (sirr) divin, réalité « palpable » devant laquelle s’estompe toute autre considération: « L’Amour entre fûqara, et entre les fûqara et le Maître, est infini. Il grandit sans cesse. On voudrait ne jamais se séparer. Cet Amour est dû au sirr (Secret) et existe car nous ne sommes réunis que pour Dieu. Cet Amour fait tomber toutes les différences culturelles. » (Sidi Hamza) L’Amour divin, dans la tariqa, est une expérience vécue au sein d’un groupe. C’est donc une expérience du divin entre individus. Le groupe sert de point de départ à cette expérience aux multiples facettes et devient la base de rapports fraternels au sein de la voie. Ceci rappelle la fraternité entre les Compagnons du Prophète: « Au temps du Prophète, la relation qui existait entre les Compagnons, cette fraternité qui prédominait, le partage qu’ils faisaient de toutes choses, la préférence qu’ils donnaient aux autres sur eux-mêmes, cet esprit de sacrifice, tout cela trouvait son origine dans l’Amour. Sans cet Amour, rien de tout cela n’aurait pu s’accomplir. Le Prophète était le moteur de cet Amour. De la même façon, les Hommes de Dieu portent en leur coeur la fontaine de cet Amour. Celui qui en boit ne peut plus l’oublier. Il reste transporté, éperdu par cet Amour. Il boit un breuvage après lequel il n’y a plus de soif possible. Quand on est dans une compagnie spirituelle, dans une relation de fraternité qui est investie d’Amour, les coeurs sont en phase, les esprits sont en affinité, il circule entre nous un tel vin d’Amour! C’est la Royauté de Dieu!  » (Sidi Hamza) Or, précise Sidi Hamza, il ne peut y avoir d’Amour sans générosité de l’âme et sans don de soi: « Il n’est pas possible d’avoir des prétentions à l’Amour alors que dans le coeur, il y a encore des attaches aux biens de ce monde. C’est ainsi que l’on peut éprouver l’amoureux. L’Amour véritable va de pair avec une véritable générosité. » (Sidi Hamza) Le travail spirituel, le dhikr (invocation) entre autres, libère le coeur des attaches égotiques de l’âme. La constance du travail spirituel éveille le coeur de son aléthéïa (oubli, ghafla) et le prédispose à recevoir les saveurs (dhawq) de l’Amour. Et lorsque l’Amour pénètre le coeur, le travail spirituel devient plus facile: « […] Quand l’Amour habite dans le coeur, on éprouve une saveur à tout ce qu’on fait, rien ne paraît difficile, on tire profit de tout ce qui nous arrive. L’Amour amincit le voile qui nous sépare de la Réalité divine. On éprouve une joie profonde du fait de cette proximité et on est alors envahi par la perception de la beauté. » « C’est l’Amour qui met les coeurs à l’oeuvre, en mouvement, qui fait agir. » (Sidi Hamza) L’expérience mystique de l’Amour est active. La saveur de l’Amour allège le fardeau de la quête. Les devoirs spirituels prennent aux yeux du faqir la valeur d’un don. C’est pourquoi l’Amour est considéré comme le moteur de l’enseignement: « C’est l’Amour qui fait avancer...

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