Son enfance

Sidi Hamza est né en 1922 à Madagh. Il a grandi dans la zawiyya de ses ancêtres, dans un climat de dévotion et de piété, bercé par les souffles des invocations (dhikr). Très tôt, il montra les signes de la sainteté (wilayya). Un jour, alors qu’il accompagnait son père au souk d’Ahfir, plusieurs majadhib (sing. majdhûb, ravi en Dieu) doués de la vision intérieure (kashf) se sont précipités sur lui. Après l’avoir embrassé et cajolé, ils ont conseillé à son père, Sidi al-Hadj al-`Abass, de prendre soin de lui car un grand destin l’attendait.

Une autre fois, c’est Sidi al-Mahdi Bel `Ariane, le premier Maître de Sidi Boumedienne, qui révéla à Sidi al-Hadj al-`Abass l’avenir hors du commun de son fils:

« Un jour, mon père le rencontra alors qu’il descendait de l’autocar. Dès qu’il le vit, il lui demanda de mes nouvelles et se mit à faire mes louanges. Mon père lui dit: « Mais il n’y en a que pour Hamza! Et de moi, que dis-tu ? ». Il lui répondit: « En son temps, Hamza sera quelque chose d’immense. » Au moment de partir, il donna un dhikr à mon père et lui dit de citer ce passage du Coran: « ya bûnay…. » Quand mon père revint chez Sidi Boumedienne, il lui fit part de cette rencontre. Sidi Boumedienne lui demanda s’il avait fait les invocations qu’il lui avait données, mon père répondit que non et laissa les choses ainsi. « Cet homme est un grand Saint », dit Sidi Boumedienne. « Tu verras que tout ce qu’il t’a dit se vérifiera point par point. »

Sidi al-Mahdi Bel `Ariane était un personnage étrange. C’était la dernière personne à laquelle on aurait attribué un quelconque degré de sainteté. […] Moi, il m’aimait beaucoup, il venait souvent à l’école coranique où j’étudiais. Il s’asseyait à côté de moi, me passait la main sur le dos et me disait: « Lis, lis, j’aime beaucoup ta façon de lire ». Il entrait ensuite en méditation et disait: « Gloire à Dieu, qui aurait pu penser que de cette maison allaient sortir `Abbas et Hamza ». (Sidi Hamza)

Le père de Sidi Hamza était propriétaire terrien. Il l’emmenait avec lui aux champs afin qu’il s’habitue au travail de la terre. Entre l’univers des hommes auquel son père le préparait et celui des femmes où il reçut tout l’amour d’une mère dévouée (Lalla Warda), Sidi Hamza connut une enfance heureuse. Comme tous les enfants de son âge, il aimait s’amuser mais il ne se rappelle pas avoir jamais dépassé les limites de la loi coranique:

« Dès mon jeune âge, j’ai reçu une éducation religieuse. J’ai grandi dans le respect des gens du bien (ahl al-khayr) et des principes (fara’id) du Coran. » (Sidi Hamza)

 

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