L’invocation

La pratique de l’invocation (dhikr) est capitale dans l’expérience soufie. L’invocation élève la conscience, transporte l’âme vers les sphères supérieures. C’est le déclencheur du processus de transmutation de l’âme. Elle « décape » le cœur, le débarrasse progressivement des voiles de l’ego (orgueil, vanité, cupidité, etc.), le polit pour en faire le miroir parfaitement pur où pourra se refléter « l’infinie forme sans forme de l’invisible ».

Une des principales invocations dans le soufisme est la hilala qui est la première partie du témoignage (shahada) musulman: « Il n’y a de Dieu, sinon Dieu » (la ilaha illa llah). La répétition de ce dhikr a un effet majeur sur la transmutation de l’âme.

La première partie (Il n’y a de Dieu) amène l’aspirant à réaliser par la négation (nafyi) le caractère illusoire du monde et de son ego, ce qui lui permet de se dépouiller des prétentions de celui-ci. L’effacement à soi-même l’introduit dans la station de la pauvreté spirituelle.

La deuxième partie (sinon Dieu) pose l’affirmation de l’Être Absolu comme la Seule Réalité. C’est à ce moment que son âme, tel un miroir, devient le lieu d’apparition des Qualités divines. Il perçoit en lui-même la Puissance, la Sagesse, la Présence… conformément à la Parole coranique: « À Dieu sont les Plus Beaux Noms » (s.VII, v.179).

C’est la raison pour laquelle Sidi Hamza rappelle souvent à ses disciples que « le seul bonheur est dans la ilaha illa llah. »

 

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