Le Guide vivant

Il est un fait établi dans la pratique soufie: le Guide spirituel (shaykh at-tarbiyya) est indispensable pour accéder à la connaissance des Vérités divines et cheminer en toute sécurité. C’est ce que rappelle al-Jûnayd, dans une réponse faite à un ami sur les dangers de la voie spirituelle:

«Sache, mon ami, puisque tu m’interroges à ce sujet, qu’il y aura, au cours du cheminement vers le terme (wûsûl), des étapes désertiques périlleuses (mafâwiz muhlika) et des aiguades mortelles (manâhil mutlifa), qu’on ne parcourt qu’avec un guide et qu’on ne franchit qu’avec de la persévérance et en chevauchant une bonne monture.» (Al-Jûnayd)

Pour celui qui aspire à la contemplation, le recours à un Maître éducateur est obligatoire et nécessaire aussi parce que, sans sa présence, l’expérience du dévoilement est impossible.

«Si donc l’Homme a le bonheur de trouver [un tel] Maître, qu’il lui confie totalement son sort, qu’il se dirige selon ses paroles et ses actes, qu’il s’attache à lui comme l’aveugle marchant au bord de la mer s’attache à celui qui le guide et qu’il se remette tout entier entre ses mains, tel le cadavre entre les mains du laveur de morts» (Ibn Khaldûn)

Il est essentiel par ailleurs que ce shaykh soit un Guide vivant, enseignant d’une voie vivante. En effet, d’une part le chemin vers la connaissance exige des méthodes adaptées à l’évolution du monde, que seul un shaykh contemporain de ses disciples est en mesure de leur transmettre; d’autre part, seul le Maître vivant est habilité à donner l’éducation spirituelle car il est l’intermédiaire entre les deux mondes. Il est présent à la fois dans ce monde et dans l’au-delà. Tel un pont qui enjambe une rivière, il a un pied sur chaque rive. Ce qui n’est pas le cas de celui qui est mort et se trouve ainsi seulement dans le monde de l’au-delà.

«Celui qui se base sur les écrits d’Ibn `Arabi et des autres Maîtres soufis ne fait que suivre leur djellaba (apparence). Les méthodes appropriées varient en fonction des conditions de l’époque et seul le Maître vivant détient les clés de la progression initiatique… » (Sidi Hamza)

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