L’homme

Sa stature imposante, l’intense lumière qui émane de lui, l’infinie bonté de son regard semblent être ce qui saisit inévitablement celui qui rencontre Sidi Hamza pour la première fois. Un homme « pas comme les autres », que les mots ont du mal à décrire, pour qui l’on cherche des métaphores; ou dont on ne dit plus rien, parce que les plus belles images elles-mêmes ne sauraient suffire à décrire la dimension sublime qui se dégage de son être:

« Mon regard s’est irrésistiblement tourné vers un homme assis au centre. Il resplendissait. Une force tranquille se dégageait de lui. À sa vue, les autres personnes de l’assemblée se sont effacées. Mon regard ne pouvait plus s’en détacher. Il était de taille imposante et avait de larges épaules. Il était vêtu de blanc et avait un turban qui s’arrêtait juste au-dessus de sourcils noirs. Ses yeux débordaient d’affection. Son nez droit surplombait un large sourire qui se perdait dans une barbe blanche. Ses pommettes saillantes répondaient au sourire, sans aucune ride, sans trace du temps, malgré son âge avancé. Ce sourire en était un de bienvenue car, à ce moment précis, nos regards se sont croisés. Ensuite, il ferma les yeux, comme plongé dans une profonde méditation. Soudain, son œil déborda, une larme glissa sur sa joue pour se faufiler dans sa barbe. Quelques secondes à peine se sont écoulées entre un sourire et une larme. » (Karim Ben Driss, Magie d’une rencontre in Soufisme d’Orient et d’Occident, no. 5).

« Quand Sidi Hamza est sorti, il était comme une ruche de miel entourée d’un essaim d’abeilles. Il portait une djellaba et un turban blanc. Son visage était illuminé, son regard avait la profondeur d’un puits […]. Il était debout, il dépassait l’assemblée de sa taille, c’était un homme, mais pas comme les autres. Moi, je ne le voyais qu’à l’oeil nu et pourtant, la différence était évidente. Quand je l’ai vu, son visage rayonnait tellement qu’on ne voyait que les sourcils dont le foncé tranchait avec le reste. Toute comparaison littéraire poétique (adabiyya) du visage avec la lune est insuffisante à le décrire ». (Témoignage)

Ce que perçoit l’œil du témoin provient en fait de cette profonde beauté intérieure qui se manifeste de multiples façons, comme dans le rapport amical de Sidi Hamza avec tous. Bien que sa présence inspire le respect, l’atmosphère qui règne autour de lui est  décontractée. Certains expriment même une grande joie de vivre en sa présence. La noblesse de comportement de ce grand Saint réalisé se traduit aussi dans sa générosité envers ses hôtes:

« Lors de notre première rencontre avec Sidi Hamza, il nous a invités à partager un repas avec lui. Deux autres groupes, à quelques heures d’intervalle, lui ont rendu visite après nous. Il leur a présenté du miel, du beurre, des crêpes (msamen) et du thé. L’intensité qu’il manifesta lors des présentations était sans pareille. Lorsque mes amis et moi avons pris congé de chez lui, au fond de mon être résonnait un témoignage: nous étions les hôtes d’une maison de la générosité (dûyûf dar al-karam) ». (Témoignage)

 

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