Dalail al-Khayrat

Bismillah ar-rahman ir- rahîm

 

avant-propos

 

Parmi les innombrables significations de la prière sur le Prophète élu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, il en est une, celle de l’élan amoureux de l’être humain vers son Prophète. En plus d’être une supplication, cette prière est en réalité un pneuma qui élève l’invoquant vers son invoqué. Si la réalité historique du Prophète, paix sur Lui, se limite à la condition prophétique d’une trajectoire humaine sur cette terre, avec, évidemment, toute la splendeur de la chose, la réalité Mohammadienne, quant à elle, relève d’une métahistoire. Autrement dit, d’une histoire au-delà de l’histoire. Cette autre histoire, par-delà le temps et l’espace, renferme le récit de cette réalité. Lorsque l’imam Al-Jazouli, auteur du Dalil, nous invite à égrener le nom du Prophète, paix sur Lui, autant de fois qu’il y a d’arbres sur cette terre, de nuages dans les cieux, de vagues dans les mers, d’écumes dans les vagues, d’étoiles dans le firmament, il oriente notre attention vers la réalité Mohammadienne qui n’est autre que le récit de cette métahistoire. Or, ce récit ne se trouve dans aucun livre, sinon dans la conscience épurée de l’invoquant en quête d’exploration des « voies d’accès aux bienfaits de l’être ». Dans ce sens, le Dalil devient un outil vertigineux du périple de la conscience humaine vers les voies multiples de la réalité Mohammadienne. Inaugurées pour nous, lors de son passage sur terre, les ascensions prophétiques, inscrites désormais dans le récit de la métahistoire, sont aujourd’hui un patrimoine vivant, non seulement pour la communauté musulmane mais aussi pour toute l’humanité. Lorsqu’il est question, et c’est le cas depuis déjà fort longtemps, de désenchantement du monde, la redécouverte du récit de la métahistoire pourrait être certainement une guérison pour les âmes en mal de vivre. Toutefois, quelques conditions s’imposent quant à la redécouverte de cette réalité dans l’être : une pincée d’humilité, une cuillérée d’assiduité dans la psalmodie et une grosse poignée d’amour pour le Prophète élu, paix sur lui, pour les prophètes de l’humanité et pour tous les gens de Dieu.

 

La traduction de cette œuvre, particulièrement à cette époque, est fondamentale et ce, non pas uniquement à cause du trésor que constitue le récit de la métahistoire mais surtout à cause de la condition spirituelle de l’humanité de ce XXIème siècle, plongée dans les abysses de la matérialité. C’est la raison pour laquelle je voudrais féliciter les traducteurs de cette œuvre, leur effort et la qualité de leur travail. Je voudrais aussi rappeler que le Maroc, berceau du Dalil, est une terre de grande inspiration intellectuelle, protégée, à travers les siècles, par la vigilance de ses savants, la guidance de ses gens de Dieu et la clairvoyance de ses sultans. Permettez-moi, avant de vous quitter, de puiser dans le Dalil, océan sans rivage, un élan de prière :

 

« Ô Allah, assiste, par ta grâce, notre sultan. Fais périr la mécréance de nos ennemis. Mets-nous à l’abri dans notre pays. Fais administrer nos affaires par le meilleur d’entre nous; ne fais pas administrer nos affaires par le plus pervers d’entre nous. »

Ahmed Abbadi,
SG de la Rabita Mohammadia des Oulémas

Traduit et annoté par l’institut Soufi de Montréal – ISM
Éditeur Centre Imam Al Junayd
www.aljounaid.ma 

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