Le Mawlid

Le Mawlid

« Ô toi le Prophète, Nous t’avons envoyé comme témoin, comme annonciateur de bonnes nouvelles, comme avertisseur, comme celui qui invoque Dieu avec Sa permission et comme un flambeau lumineux. » (Coran, XXXIII, 45-46)  . « Le 16 juin 2000, dix à quinze mille disciples et pèlerins provenant de toutes les régions du Maroc ainsi que de plusieurs pays du monde se sont dirigés vers la zawiya de la tarîqa Qâdiriyya Butshishiyya à Madagh, petit hameau situé à proximité de Berkane, au nord d’Oujda. Venus en voiture, en bus, en train ou en avion, tous se sont donné rendez-vous dans ce haut-lieu de la spiritualité afin de fêter le Mawlid, célébration de la nativité du Prophète de l’islam. En effet, c’est au cœur de cette fertile campagne que vit le shaykh de la confrérie, Sidi Hamza qui, malgré son âge avancé, reste disponible pour recevoir à tout moment disciples et visiteurs. À proximité de la zâwiya originelle où vivait et enseignait jadis le père de Sidi Hamza, le shaykh Hajj `Abbas, un immense bâtiment a été progressivement édifié pour répondre à des besoins d’espace croissants. Il abrite désormais une mosquée et de vastes pièces pouvant accueillir des milliers de disciples. . Les disciples occidentaux de cette tarîqa qui étaient invités pour la première fois à Madagh par leur shaykh étaient venus nombreux. Américains, Canadiens, Africains, Européens n’oublieront certainement pas les moments forts qu’ils vécurent au contact de leurs frères marocains et en présence de leur guide spirituel. . Pendant la veillée nocturne du Mawlid, qui s'est prolongée jusqu'à la prière de l'aube, se sont succédées différentes pratiques collectives d'invocations (dhikr) et de prières sur le Prophète, des lectures du Coran, de hadîths de Boukhari et du livre ash-Shifâ' de Qâdi `Iyyad, différents exposés entrecoupés des séances de sâmâ`composées de poèmes mystiques et de panégyriques (éloges du Prophète), en particulier la célèbre Burda (le Manteau) d'al-Bûsîri. Sidi Hamza était placé face à la foule des fidèles et entouré de quelques compagnons et d'invités. Du haut d'une vaste balustrade donnant sur l'enceinte où étaient réunis des milliers de fidèles, des centaines de femmes pouvaient assister aux différents rituels, avant de poursuivre en parallèle leur propre soirée. […]". . « La célébration de la nativité du Prophète (laylat al-mawlid, mawlid an-nabî) est une institution assez tardive, datant de la fin du Vie siècle de l’Hégire, et donnant lieu à des festivités éclatantes, particulièrement dans les milieux princiers. Il n’est pas douteux que les confréries soufies aient joué un rôle non négligeable à l’origine de cette célébration. . La plupart des docteurs ont approuvé cette pratique en la qualifiant d’excellente innovation (bid`a hasana) suscitée par l’amour du Prophète. Il s’agit en effet d’honorer le jour où la lumière prophétique est venue effacer l’idolâtrie et « dissiper les ténèbres de l’ignorance ». En outre, cette nuit du Mawlid est un événement qui intéresse tout l’univers, dont le Prophète est la raison d’être secrète (sirr al-wujud) et le flambeau lumineux (siraj munira). . La fête du Mawlid est célébrée le 12 du mois de rabî I (le troisième mois de l’année hégérienne), car c’est le jour où, traditionnellement, les Mecquois visitaient la maison natale de l’Envoyé. […] » . Marc Boudet, « Embarquement pour Madagh », Soufisme d’Orient et d’Occident, no.5...

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